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La France, son vin, ses fromages et… ses avions de combat !

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Le 3 décembre dernier, la France signait un contrat de vente historique avec les Émirats arabes unis (EAU) : 80 chasseurs Rafale et 12 hélicoptères Caracal, pour un montant (record) total de 17 milliards d’euros. Une bonne nouvelle pour les finances françaises, mais qui interroge, tant le sujet des armes soulève des questions éthiques.

Pourquoi alors la France vend-elle des armes ? Pourrions-nous nous en passer, financièrement ? Et bien sûr, comment le gouvernement se positionne-t-il quant à la question éthique de la vente d’armes ? Prenons un peu de hauteur, et explorons le rôle de la France dans les ventes d’armes à l’échelle mondiale.

La France, numéro 3 mondial des exportateurs d’armes

Depuis la mise en place, dans les années 1960, d’une politique d’exportation volontariste initiée par le général de Gaulle, la France a toujours fait partie des 5 plus gros exportateurs d’armes au monde. À cette époque déjà, la France visait l’indépendance militaire et finançait sa Base industrielle et technologique de défense (BITD) par une forte dynamique d’exportation, avec le soutien direct de l’État. Depuis les années 2010, elle figure même en troisième position, derrière les États-Unis et la Russie, mais devant la Chine.

La majeure partie de ses exportations concernent aujourd’hui le Moyen-Orient (les EAU en tête, devant l’Égypte, l’Arabie Saoudite ou encore le Maroc), puis l’Europe (Royaume-Uni et Grèce en tête, devant la Croatie) et les États-Unis, loin devant l’Asie Pacifique. Elles sont assurées par des grands groupes industriels français qui comptent généralement l’État parmi leurs actionnaires, notamment Dassault et Airbus.

Si la crise sanitaire a porté un coup aux montants des commandes faites à la France (passés de 8,3 milliards d’euros en 2019 à 4,9 milliards en 2020), force est de constater que les ventes décollent de plus belle en 2021. À tel point que le ministère des Armées déclarait le 9 décembre dernier viser 30 milliards d’euros de commandes cumulées pour les années 2021 et 2022 : soit +50% d’exportations en moyenne par année ! Des ambitions revues largement à la hausse suite aux commandes historiques des EAU mais aussi de la Grèce, qui a récemment acheté 24 Rafale à la France.

Pourquoi toutes ces ventes d’armes ? Selon le gouvernement français, les appareils vendus sont avant tout destinés à la défense : ils permettent de lutter contre le terrorisme et de se prémunir contre d’éventuelles attaques. Préserver la paix, en somme… Mais ces ventes sous-tendent d’autres enjeux pour le pays.

Lord of war

Le marché des armes est très lucratif : en 2020 et malgré la pandémie, les ventes mondiales étaient en hausse pour la sixième année consécutive, et le chiffre d’affaires du secteur s’élevait à 531 milliards de dollars. À la pointe de la technologie dans ce secteur avec 20 milliards d’euros à elle seule, la France tire de multiples avantages de ce commerce.

Les ventes d’armes lui permettent notamment d’amortir le coût en Recherche et Développement de son industrie nationale, garantissant ainsi non seulement l’indépendance du pays dans ce secteur stratégique, mais aussi sa sécurité. Ces exportations représentent à elles seules un tiers du chiffre d’affaires global de l’industrie de l’armement française, elles sont donc capitales pour maintenir une balance commerciale équilibrée (rapport entre le nombre d’exportations et d’importations).

Près de 200 000 emplois sont directement liés au secteur de l’armement en France, et ce nombre devrait augmenter dans les années à venir selon les objectifs affichés par le gouvernement et les industriels. Face à ces chiffres, on comprend qu’il serait difficile de stopper entièrement ce commerce.

Les enjeux géopolitiques et diplomatiques sont évidemment tout aussi capitaux. Les gros contrats commerciaux, comme celui signé avec les EAU, permettent de sceller des alliances avec certains États dans des objectifs précis. Ici, la commande historique d’armements s’est accompagnée d’accords économiques et culturels majeurs, et a permis l’installation de trois bases militaires françaises dans le pays acheteur.

Éthique et polémique

Mais ce type d’opérations pose des questions d’ordre éthique. Si la France connaît de beaux succès commerciaux dans le domaine des armes, elle suscite également de nombreuses critiques, tant de la part de l’opposition politique que de certaines ONG sur les droits humains. Vendre du matériel de guerre à des pays comme les EAU (accusés de crimes de guerre sur la scène internationale depuis leur action au Yémen) déclenche la polémique.

Si le gouvernement met régulièrement en valeur les aspects positifs de ce succès commercial (augmentation des emplois, innovation à la pointe, partenariats diplomatiques…) : la France utilise ce point fort industriel clé pour servir avant tout ses propres intérêts commerciaux et géopolitiques, quitte à susciter des critiques concernant les conséquences éthiques de ce commerce.

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