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3 minutes pour comprendre la chute d’Evergrande, le géant de l’immobilier chinois

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Dark Light

21 octobre. Le groupe immobilier chinois Evergrande voit le prix de son action chuter de 10,5% dès les premières transactions à la Bourse de Hong Kong. De nombreux médias annoncent l’effondrement imminent de l’entreprise. Les économistes craignent que sa chute entraîne celle de l’ensemble du marché. Voire même, qu’elle contamine l’économie mondiale. Comment cela est-il possible ? Que devons-nous craindre ? On fait le point.

C’est quoi une bulle immobilière ?

Depuis plusieurs décennies, le rythme de croissance économique de la Chine laisse songeur. Et si le pays continue sur sa lancée, celui-ci devrait devenir la première puissance économique en termes de PIB d’ici 2030, prenant la place des États-Unis.

Ok. Dans ce cas, comment Evergrande, numéro deux de l’immobilier en Chine, groupe multimilliardaire ayant connu une ascension fulgurante depuis sa création en 1996, peut-il être sur le point de faire faillite ?!

Si Evergrande a vécu une croissance exponentielle assez folle dans les années 2000, c’est qu’elle a profité du développement économique totalement fou de la Chine, avec des taux de croissance annuels à deux chiffres.

Porté par l’optimisme des consommateurs chinois, le marché de l’immobilier est alors en pleine effervescence. La demande est supérieure à l’offre et les taux d’intérêt pour emprunter sont très bas (le gouvernement chinois encourage les citoyens à acheter leur logement), les prix grimpent et l’endettement augmente. Progressivement, le fossé se creuse entre le prix de marché des biens immobiliers et leur valeur réelle : la bulle se forme.

La bulle immobilière, c’est précisément ce gonflement excessif des prix des biens immobiliers. Tant que les prix augmentent, tout va bien. Les investisseurs et propriétaires des biens s’enrichissent et peuvent donc continuer à investir, à acheter plus de biens, et à alimenter la hausse des prix.

Mais si l’optimisme des investisseurs disparaît, le retour à la normale peut être brutal !

Lorsque les investisseurs commencent à douter du potentiel de rendement de leurs placements, certains d’entre eux se mettent à revendre leurs biens et font donc baisser le prix du marché. En voyant les prix baisser, d’autres se décident à leur tour à vendre : le cercle vicieux est enclenché, les prix s’effondrent, la bulle éclate.

Depuis quelques années, la croissance chinoise ralentit (3 à 4% par an, contre 7% par an dans les années 2010 et 10% par an dans les années 2000), et les investisseurs et économistes commencent à s’interroger : la bulle immobilière chinoise ne serait-elle pas sur le point d’éclater ?

Comment faire faillite quand on est si gros ?!

S’il s’agissait de la boulangerie du coin, la situation ne ferait probablement pas la une des journaux. Mais au vu des montants en jeu et de la dette accumulée par Evergrande, la situation inquiète.

Croulant sous 260 milliards d’euros d’emprunts (2% du PIB chinois), Evergrande peine aujourd’hui à trouver suffisamment d’investisseurs pour financer le remboursement de sa dette et le renouvellement de ses prochaines échéances. Et en cas de faillite du géant immobilier chinois, certains de ses investisseurs pourraient se retrouver sur la paille et ne jamais pouvoir rembourser leurs propres dettes. Le vrai risque, c’est donc l’effet domino, ou pour utiliser le terme économique approprié : le risque systémique.

En raison de l’interconnexion de nos économies, l’éclatement de la bulle immobilière chinoise pourrait avoir des répercussions sur toute l’économie mondiale, comme en 2008 avec la fameuse crise des subprimes américaines. Rien que ça !

Evergrande est-il condamné ? Pas forcément. La faillite d’un tel mastodonte ferait sûrement courir de trop grands risques à l’économie chinoise. Pékin devrait donc chercher à sauver l’entreprise coûte que coûte. Tel est l’avantage des entreprises « Too big to fail » (trop grosses pour faire faillite), pour le pire ou le meilleur, la société civile ne peut pas vraiment se permettre de les laisser tomber…

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