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C’est une bonne situation, ça, collectionneur ?

Scribe, banquier, finfluenceur, acteur porno… Autant de pratiques et de professionnels que d’idées reçues sur les salaires de ces industries. Alors, qui gagne bien ? Combien ? Comment ? BLING Media tente de démêler le vrai du faux. Deux fois par mois, focus sur un gagne-pain et les ordres de grandeur de ses rémunérations.

Qui n’a jamais commencé une collection de pièces, de timbres, de cartes à jouer ou encore de Lego ? Si nous sommes nombreux à avoir arrêté d’accumuler des objets chers à nos cœurs d’enfants, d’autres sont au contraire devenus de véritables professionnels de la collection. Aujourd’hui, avec le développement de la technologie blockchain, certains commencent même à collectionner les NFT, ces items virtuels dont le caractère unique et le certificat de propriété sont infalsifiables !

Entre nostalgie, valeur sentimentale et intérêt purement financier, penchons-nous sur le marché très particulier des objets à collectionner, ainsi que sur les sommes que leurs propriétaires sont susceptibles de gagner grâce à leurs précieuses collections.

Tout vient à point à qui sait attendre

Collectionner, c’est accumuler des objets de la même « famille ». Bien sûr, toutes les collections n’ont pas la même valeur sur le marché : quand certaines ne valent quasiment rien, d’autres représentent des millions, voire même des milliards de dollars. Sans surprise, les collections les plus chères au monde sont évidemment les collections d’art. Selon le classement effectué par les experts du cabinet Wealth-X, celle de David Geffen, producteur et créateur américain, pèserait à elle seule plus de 2,3 milliards de dollars !

À une échelle plus modeste, certains objets de notre enfance valent de l’or aujourd’hui. Que ce soit la première version du jeu vidéo Super Mario Bros sur NES (1985), vendue 100 000$ en 2019, des cartes Pokémon datant de 1999 cédées à près de 12 000$, ou encore la première édition du tome 1 de Harry Potter vendue pour 45 000$, certains objets des années 1980-1990 ont pris énormément de valeur. À tel point que l’étude d’une professeure d’économie a révélé que les boîtes de Lego anciennes étaient de meilleurs placements que les actions en Bourse ou que l’or !

Les collectionneurs de pièces de monnaie, ou numismates, sont bien souvent des passionnés, mais sont également des investisseurs. Fiscalité avantageuse, marché toujours en croissance avec des rendements de +10% voire +30% pour certaines pièces, collectionner la monnaie peut s’avérer très rentable.

Nostalgie et appât du gain

Mais au fait, pourquoi collectionne-t-on ? Selon les experts, il y aurait une triple raison à ce comportement typiquement humain. Une raison psychologique tout d’abord : collectionner nous permettrait de combler un manque, de nous sentir bien entouré et en sécurité au milieu de nos précieux objets. Il y aurait également une certaine fétichisation, une valeur sentimentale associée à certains items de notre enfance. Une raison évolutionniste ensuite : collectionner reproduit un comportement, hérité de nos ancêtres, qui nous permet d’amasser des ressources pour survivre. Mais aussi une raison financière évidente : certains collectionneurs espèrent bien faire une belle plus-value sur le long terme !

Que ce soit pour l’une de ces raisons ou pour toutes à la fois, près de 16% des Français collectionnent. Une étude récente réalisée par eBay révèle que la majorité de ces 8 millions de collectionneurs est âgée de plus de 55 ans et amasse principalement des jeux et des jouets, puis des objets du quotidien, des timbres et enfin des pièces d’or. Ces deux dernières familles d’objet étaient d’ailleurs en progression, respectivement de +20% et de +15% en 2020.

Bien sûr, il existe une floppée de collections beaucoup moins classiques, pour ne pas dire carrément bizarres ! La buticulaplasticulophilie, ça vous parle ? C’est la passion de certains collectionneurs qui amassent… des bouteilles en plastique. Les appertophiles, de leur côté, préfèrent accumuler les ouvre-boîtes…

On doute que ces dernières collections rapportent beaucoup d’argent à leurs propriétaires, mais qu’en est-il des collections plus lucratives ? 

Pour monétiser les objets qu’il a patiemment amassés, un collectionneur a plusieurs options à sa disposition. Il peut tout simplement faire de l’achat/revente auprès d’autres collectionneurs intéressés, au fur et à mesure de ses acquisitions ou une fois sa collection complétée, ou bien il peut vendre sa collection aux enchères et faire ainsi jouer la concurrence pour que les prix grimpent au maximum. C’est ainsi qu’une partie de la collection de voitures miniatures d’un Britannique a été vendue 326 000€ en 2021.

Certains collectionneurs préfèrent organiser des expositions, ou des visites payantes afin que tout un chacun puisse admirer les objets qu’ils ont amassés au fil des années. C’est le cas du Britannique James Hyman qui dispose aujourd’hui de la plus importante collection de magazines au monde et la fait visiter pour 75 livres de l’heure.

Les collectionneurs dans le Metaverse

Non seulement le marché des collectionneurs ne connaît pas la crise, mais il est même à la pointe de la technologie. Le récent développement de la blockchain (qui a fait émerger les cryptomonnaies) permet désormais la création de NFT : des « jetons non fongibles » qui permettent d’inscrire, au sein de la blockchain, l’authenticité d’objets de collection virtuels. Des certificats de propriété et d’authenticité infalsifiables, qui titillent fortement (et logiquement) l’intérêt des collectionneurs ! De là à imaginer des ventes aux enchères de collections virtuelles dans le Metaverse, il n’y a qu’un pas…

Pour l’heure, certaines transactions sont déjà faites entre collectionneurs via les NFT : le jeu de football Sorare, qui permet d’acheter; de vendre, d’échanger ou de gérer une équipe virtuelle via des cartes numériques inscrites sur la blockchain Ethereum, en est un bon exemple. Une sorte de « Panini 2.0 » !

Pour la grande majorité des petits collectionneurs, amasser des objets est avant tout un plaisir, voire une passion, qui ne leur permet en aucun cas de gagner des sommes importantes. Quelques chanceux qui possèdent une pièce particulièrement recherchée peuvent toucher le jackpot, en de très rares occasions. Les collections les plus conséquentes et les plus rares, elles, peuvent en revanche rapporter gros à leurs propriétaires, et même les faire vivre. Quoiqu’il en soit, nul doute que ce marché particulier a de beaux jours devant lui, lorsque l’on se penche sur les utilisations possibles de la blockchain et des NFT !

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