Dark Light

Born to be alive de Patrick Hernandez, Mambo No. 5 de Lou Bega… Que ce soit à la fin des années 1970 ou au début des années 2000, ces artistes ont sorti un tube qui a cartonné, avant de disparaître. S’ils ont été numéro 1 du hit-parade pendant plusieurs semaines et ont parfois vendu des millions de disques en France et à travers le monde… Ces artistes s’en sont-ils réellement mis plein les poches à l’époque de leur succès ? Un one-shot dans l’industrie musicale a-t-il fait d’eux des rentiers à vie ? Combien continuent-ils de toucher aujourd’hui avec l’explosion des plateformes de streaming ? Faisons le point.

Sans surprise, faire un tube, ça rapporte gros !

L’un des exemples les plus emblématiques de tube unique sorti en France (et qui continue d’être largement diffusé aujourd’hui) est sans doute le fameux Born to be alive de Patrick Hernandez. Même si certains d’entre nous en ont marre de l’entendre, force est de constater que la chanson sortie en 1979 est sacrément efficace ! Elle a permis au chanteur de rester numéro 1 du hit-parade pendant 4 mois d’affilée et d’engranger en tout près de 25 millions de dollars (plus de 20 millions d’euros).

Mais combien le tube de Patrick Hernandez lui rapporte-t-il aujourd’hui ? Il faut savoir que le chanteur est non seulement l’interprète, mais également l’auteur et le compositeur de Born to be alive, ce qui fait qu’il touche un maximum de droits d’auteur à chaque diffusion de son tube (et elles sont toujours nombreuses à l’heure actuelle).

Si bien qu’il dit lui-même gagner entre 800€ par jour les mauvaises années (excuse-nous, Patrick !) et 1500€ par jour les meilleures, et ce, encore aujourd’hui. Chaque fois que la chanson est diffusée (à la radio, en boite de nuit…), Hernandez touche entre 2€ et 10€ de royalties, sans parler des sommes bien plus importantes qu’ils gagnent pour des publicités qui utilisent sa chanson.

Lou Bega, de son côté, pour son cultissime Mambo No. 5, est resté numéro 1 du Top 50 français pendant 20 semaines, à la fin de l’année 1999. Le chanteur allemand (eh oui il est allemand !) a vendu près de 12 millions d’albums à l’époque. Autant dire que depuis la sortie de son tube, il est un millionnaire qui n’a plus à se soucier de ses revenus et qui continue, comme notre Patrick national, à toucher des royalties à chaque diffusion de son titre.

Rentier avec un seul tube : impossible aujourd’hui ?

Si en sortant un seul tube il y a plusieurs années, voire plusieurs décennies, certains continuent encore de toucher des revenus très confortables (comme le compositeur du fameux slow de La Boum), ce n’est pas le cas de tous les artistes one-shot. Desireless, par exemple, connue uniquement pour son titre Voyage voyage qui a cartonné il y a une trentaine d’années, explique aujourd’hui ne toucher que 2 000€ par an grâce à sa chanson. La raison : elle n’est que l’interprète du titre et touche donc la part des droits la moins importante par rapport à l’auteur et au compositeur du morceau. Une répartition qui est assurée par la Sacem.

À l’époque, les ventes de disques et les passages en radio représentaient une part très importante des revenus de l’artiste. S’il avait la chance de détenir entièrement les droits de son tube, c’était donc le jackpot assuré pour des années !

Le marché de la musique était entièrement dominé par les ventes physiques jusqu’au début des années 2000. Puis le numérique s’est peu à peu imposé, alors que le téléchargement illégal s’est lui aussi généralisé pour devenir majoritaire en France en 2018. Si le marché du disque ne s’est pas entièrement effondré, il a chuté drastiquement pour devenir quasiment un marché de niche, tandis que la radio perd un peu plus de son audience chaque année au profit des plateformes de streaming (Spotify, Apple Music…) et Youtube.

Dans la période des années 1980-2000, les artistes qui ont cartonné avec un unique tube ont bien souvent pu se mettre à l’abri du besoin pour toute leur vie, leurs rentes étant assurées par les droits qu’ils touchent sur les diffusions annuelles de leur titre. Sans parler des ventes de disques qui atteignaient facilement plusieurs millions à l’époque. Aujourd’hui largement numérisée avec l’essor des plateformes de streaming, l’industrie musicale ne produit plus des tubes de la même manière. Mais la recette utilisée à l’époque (qu’on pourrait résumer par « make it simple, make it stupid ») semble toujours d’actualité !

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