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Avec un taux de chômage des 15-24 ans déjà deux fois supérieur au taux national, le risque de voir les jeunes Français rester à distance du marché de l’emploi durant la majeure partie de leur vie active est bien réel. Fort heureusement, pour éviter de tomber dans le cercle vicieux du chômage structurel, des solutions existent. Mais qu’est-ce que le chômage structurel ? D’où vient-il, comment le combattre et comment s’en sortir ? Éléments de réponse.

Chômeurs intérims VS chômeurs chroniques

Les économistes décomposent le chômage en deux sous-catégories : le chômage conjoncturel, causé par la situation économique du moment, et le chômage structurel, causé par la structure même du marché du travail.

Le premier va-et-vient au rythme de l’activité économique et de l’alternance des périodes de récessions et de croissance, quand le second traverse les cycles économiques sans enregistrer la moindre variation. Pourquoi ? Parce qu’il n’a rien à voir avec la santé de l’économie, mais tout à voir avec la démographie, les institutions ou encore le niveau de formation d’un pays.

Par exemple, les personnes dont le niveau de qualification ne répond à aucun des besoins du marché du travail ne trouveront pas d’emploi, et ce, quel que soit l’état de l’économie. Cette population de « chômeurs chroniques » viendra donc gonfler les chiffres du chômage structurel.

À l’inverse, les personnes dont le niveau de qualification correspond aux besoins du marché du travail pourront trouver un emploi lorsque l’économie se porte bien ou le perdre lorsque l’économie se porte mal. Cette population de « chômeurs intérims » aura donc un impact sur le chômage conjoncturel.

L’impact structurel de la pandémie

Si la crise sanitaire et ses conséquences directes sur l’activité économique ont bien entraîné un chômage conjoncturel aujourd’hui en grande partie résorbé, l’augmentation du taux de chômage chez les jeunes pourrait bien mener à un chômage plus structurel. Et pour cause, suite aux nombreuses perturbations subies par le système scolaire et le marché du travail, beaucoup de jeunes ont « raté le coche » des embauches…

Au plus fort de la crise sanitaire, la situation des jeunes était particulièrement dégradée, avec une chute de -77% du nombre d’embauches chez les moins de 30 ans lors du premier confinement. Et si la réouverture des économies cet été a permis de limiter les dégâts, il reste difficile pour les jeunes manquant de formation et d’expérience d’intégrer le marché de l’emploi en ce moment.

Tenus à distance du marché du travail, ces jeunes n’ont pas la chance de développer les compétences professionnelles et connaissances pratiques qu’ils auraient acquises à l’occasion de stages en entreprise ou de premiers emplois. Et à la vitesse à laquelle évolue le marché du travail, pour cette population, le risque de ne jamais parvenir à raccrocher les wagons et d’être constamment « en retard » par rapport aux attentes des employeurs est bien réel.

Pour éviter qu’une fraction de la jeunesse ne se retrouve définitivement en marge du marché du travail, les gouvernements savent qu’ils doivent agir pour aider les demandeurs d’emploi à remettre au plus vite un pied à l’étrier. En France, deux initiatives gouvernementales assez médiatisées ont vu le jour pour accompagner les jeunes. La plateforme 1 jeune 1 solution, qui a pour but d’aider les 16-25 ans à trouver une formation, une alternance, un emploi, et l’aide d’un mentor ; et le Contrat Engagement Jeune approuvé début novembre par l’Assemblée nationale. Ce dernier devrait permettre à plus de 400 000 moins de 26 ans sans formation ni emploi de se former et de recevoir une allocation dont le montant pourra atteindre jusqu’à 500€ par mois à partir du 1er mars 2022.

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