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Offre de marché ou tarif réglementé, que choisir pour votre énergie ?

L’incroyable augmentation des prix de l’énergie, dont celle de l’électricité (passé en un an de 50€ le MWh à environ 450€ aujourd’hui) pèse lourdement sur le budget des ménages. Cette envolée des prix nous force à nous poser la question des moyens de contenir le prix de la facture. Une solution existe toutefois : il est possible de choisir son distributeur et son offre. On fait le point.

C’est quoi le tarif réglementé d’électricité et de gaz et à quoi il sert ?

Il faut savoir qu’historiquement, il n’y avait en France qu’un seul producteur et distributeur d’énergie : EDF pour l’électricité, GDF (devenu ENGIE) pour le gaz ainsi que des Entreprises Locales de Distribution (ELD) rattachées à EDF ou ENGIE.

Ces entreprises sont publiques, c’est-à-dire qu’elles appartiennent majoritairement à l’État. Ce sont donc les pouvoirs publics qui fixent les prix en fonction des coûts de production de l’énergie. Ce système a permis pendant des années en France d’avoir accès à des prix de l’énergie relativement bas. Mais en 2007, sous l’impulsion de l’Union Européenne, le gouvernement français décide d’ouvrir ce marché à la concurrence. Il permet désormais à des acteurs privés d’acheter de l’énergie sur les marchés et de le revendre aux foyers. Parallèlement, il oblige EDF à réserver une partie de sa production dans le but de la vendre à perte à ces nouveaux acteurs privés pour qu’ils deviennent compétitifs.

Depuis cette ouverture artificielle à la concurrence, il existe donc deux offres pour le consommateur. La première c’est l’offre historique, appelée tarif réglementé. Elle est proposée uniquement par les fournisseurs historiques (EDF, ENGIE) et le prix est toujours fixé par les pouvoirs publics. Son utilité est simple : permettre à tout le monde d’avoir accès au même prix de l’énergie et bénéficier d’un prix qui n’évolue que rarement. Il est également possible d’opter pour les tarifs heures pleines / heures creuses.

La seconde option, c’est l’offre de marché. Ce qui fixe le prix dans ces offres, c’est le contrat et l’évolution des cours sur les marchés de l’énergie.

Faut-il choisir une offre de marché ou le tarif réglementé ?

Il est très difficile de répondre à cette question de manière formelle. En réalité, tout dépend de la conjoncture au moment du choix du contrat et du risque que souhaite prendre chaque ménage.

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Choisir l’offre de marché

Choisir l’offre de marché revient à faire jouer la concurrence. On va comparer les prix, regarder celui qui offre le prix au KWh ou l’abonnement le moins cher. Opter pour l’offre de marché permet souvent de faire des économies sur le court terme ou quand le marché énergétique est bas. La concurrence étant féroce, les acteurs tirent les prix vers le bas pour essayer d’attirer toujours plus de nouveaux clients.

Toutefois, il faut bien comprendre que l’énergie est un secteur très particulier. L’électricité ou le gaz distribué par ces fournisseurs et généralement produit par … EDF (ou tout autre acteur public historique d’un autre pays). Ils ne produisent quasiment pas d’énergie et se retrouvent à n’être que des revendeurs ! Ils sont donc tributaires de la géopolitique, de la capacité de production des différents acteurs historiques et de la fluctuation des prix sur le marché de l’énergie. Aussi, en cas de fortes tensions, la facture peut rapidement s’emballer et battre des records.

Choisir le tarif réglementé de vente

Le tarif réglementé est, comme nous l’avons déjà précisé, fixé par le gouvernement. Il est donc assez stable dans le temps. Les prix n’évoluent qu’en cas de situation exceptionnelle et les pouvoirs publics vont avoir tendance à limiter la hausse des prix en cas d’inflation énergétique, le but étant de protéger les ménages contre une envolée des prix. Inversement, en cas de baisse des prix de l’énergie, le tarif réglementé reste généralement élevé et ne diminue pas.

Notez que si vous avez un contrat datant d’avant 2007 et que vous n’avez jamais fait la démarche de changer de distributeur d’énergie, c’est le contrat que vous avez par défaut.

Le gros avantage de ce système est la visibilité qu’il donne en permettant de se prémunir contre les fluctuations du marché. Attention : il est à noter que le tarif réglementé du gaz (qui concerne près d’un foyer sur quatre) va disparaître en 2023, il n’y aura donc plus de tarif réglementé.

Comment revenir au tarif réglementé grâce au principe de réversibilité ?

Si vous avez opté pour une offre de marché, sachez qu’il est possible à tout moment de faire appel au principe de réversibilité pour l’électricité. Il suffit pour cela de demander à EDF de bénéficier du tarif réglementé et de mettre fin au contrat avec votre distributeur privé.

En cas d’explosion de la facture énergétique, cette solution est souvent la plus sage et permet de faire de grosses économies. Lorsque le marché sera en baisse, il sera alors à nouveau temps d’aller voir du côté de l’offre de marché. Faire cet aller-retour entre offre privée et tarif réglementé, en fonction de la conjoncture, permet d’économiser plusieurs dizaines d’euros par mois. Attention toutefois à bien vérifier les modalités de résiliation des contrats privés avant de vous lancer dans une telle opération.

Le principe de réversibilité n’est plus possible pour le gaz. En effet, l’offre réglementée va être totalement supprimée. En cas de départ de l’offre réglementée d’ENGIE, il ne sera plus possible d’y revenir. Il est donc important d’y réfléchir à deux fois !

L’ouverture à la concurrence du marché de l’énergie avait pour ambition de permettre la diminution des prix de l’énergie. Mais cela s’est avéré plus mitigé que prévu : si le nombre des distributeurs a bel et bien augmenté, le nombre de producteurs d’énergie n’a pas varié. Cette énergie se retrouve sur un marché soumis à des fluctuations d’offres et de demandes qui peuvent s’avérer brutales.

À l’image d’un marché financier, en cas de prix bas il convient d’opter pour les prix du marché, mais en cas d’emballement des prix, il vaut mieux être protégé par l’État. Jouer sur les deux tableaux permet de faire des économies intéressantes. Cet arbitrage n’est toutefois plus possible sur le gaz : les ménages seront ainsi totalement soumis aux aléas du marché dès 2023.

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